Situation et site : Entre l'Inde et le Tibet, la vallée agricole
de Kathmandu se développe au sud du Grand Himalaya à une altitude
de 1 500 m. Elle est traversée par la Bagmati et ses affluents autour
desquels se situent les sites retenus: les Durbar (places urbaines) de Bhatgaon,
Patan et Kathmandu, les stupas bouddhistes de Swayambu et de Bodnath et
les temples hindous de Pashupati et de Changu Narayan.
Date de fondation : VIIIe siècle.
Fonction historique : Capitale royale et religieuse.
Statut administratif : Kathmandu est la capitale nationale du Népal.
REPERES HISTORIQUES
- Aux premiers siècles de notre ère, le bouddhisme puis l'hindouisme,
venus de l'Inde, sont largement répandus au Népal; l'aménagement
architectural et urbain ne sera jamais dissocié du domaine religieux.
- Sous la dynastie des Malla, l'architecture népalaise affirme
son originalité au XIe siècle; elle se développe dans
la vallée de Kathmandu depuis Bhatgaon, Patan et la ville de Katmandu.
- Au début du XIVe siècle, Bhatgaon et Patan sont les deux
rivales d'un pays partagé; le Népal subit des invasions dont
celle des musulmans venus du Bengale (1349).
- Réunifié sous les Malla (1380-1395), le pays atteint son
âge d'or autour du XVe siècle. Bhatgaon, Patan et Kathmandu
témoignent de cette brillante période.
- Au début du XVIe siècle, les trois villes sont les capitales
de trois royaumes qui se livrent des combats stériles. En 1768,
les Rajputes, venus de Gurkha, conquièrent le pays qui retrouvera
son indépendance en 1947.
MORPHOLOGIE URBAINE
Quelques kilomètres seulement séparent les sites. Dans
chacun des cas, ville royale, temple ou stupa, les monuments entraînent
le développement d'ensembles monumentaux. Sur l'esplanade d'un
Durbar, temples et bâtiments de palais se regroupent (Patan);
le stupa de Svayambu pour sa part est entouré de temples, de
monastères et de statues. Le Pashupati, lui, est intégré
à un ensemble qui comprend des hôpitaux et abris; construit
sur les deux rives du Bagmati, des gradins le séparent de part
et d'autre du fleuve sacré. Des principes mythiques règlent
l'aménagement des lieux. Deux mille sept cents temples et autres
monuments sont rassemblés dans la vallée de Kathmandu. Bois
sculpté polychrome, brique rouge, toits de cuivre, ils sont souvent
regroupés sur des espaces très exigus. Ce sont ces pagodes,
stupas et vihara qui donnent le ton au paysage entier.
CRITERES D'INSCRIPTION (1979)
Les sites retenus «apportent un témoignage [...] traditionnel
de la vallée de Kathmandu sur la civilisation» (III). «Les
Durbar de Kathmandu, Patan et Bhatgaon sont les exemples éminents,
successifs et complémentaires des grandes résidences royales
népalaises...» (IV). ...«les monuments choisis [...]
illustrent la civilisation népalaise, fondée sur des composantes
religieuses qui excluent l'Islam et résultent d'un échange
complexe d'influences venues de l'Inde et du Tibet» (VI).
(voir la liste des critères d'inscription sur la Liste du patrimoine
mondial de l'UNESCO)
Source :
De Koninck, Hélène, Les villes du patrimoine mondial:
capitales du temps, dans
Cahiers de géographie du Québec, vol. 35,
no 94, avril 1991, pp. 9-87 (ISSN 007-9766)
Note sur l'auteur :
Hèléne Legendre De Koninck est historienne et géographe.
Diplômée de l'École de Hautes Études en Sciences
Sociales (Paris), de l' Université de Singapour et de l'Université
Laval (Québec), elle est spécialiste du phénomène
urbain et de l'art de l'Asie.
Vous trouverez de l'information sur Patan à l'adresse suivante
: en anglais
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