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Trekking du Tour des Annapurnas (Népal)

ou Le Sanctuaire des Annapurnas

Un guide de trekking pour vous accompagner ... Plus d'infos...

Budget,météo,altitude | Itinéraire jour par jour (partie 1/2) | (partie 2/2)

Départ de Dumre sur la route de Kathmandu à Pokhara.
Arrivée à 1 heure de Pokhara en taxi (2 heures en bus).
Durée : 17 à 20 jours environ
Altitude mini et maxi : de 800 m. à 5400 m.
Difficulté : long trek avec passage en altitude. Possibilité de le faire sans guide ni porteur.

Les habitués des treks en Himalaya pensent que c'est un des plus beaux treks. Je veux bien les croire ! L'intérêt de ce trek réside dans sa grande variété de paysages et de populations rencontrées. Les forêts du début laissent place à des paysages à l'herbe rase, puis la végétation disparaît et enfin c'est la rencontre avec la neige si vous avez de la chance ou de la malchance (tout dépend de l'épaisseur de la couche). Ensuite, après le col à 5400 m., vous tombez directement dans un paysage lunaire complètement aride, d'aspect tibétain ou ladakhi. Vous avez pratiquement toujours en vue de superbes montagnes enneigées. Dans le nord du circuit, vous arrivez dans des villages de culture tibétaine, à la limite du Mustang.
Contrairement à d'autres treks, celui ci demande tout de même une bonne forme physique, surtout si vous portez votre sac. La plus grosse journée consiste à démarrer de 4400 m. à l'aube, à passer le col du Thorong à 5400 m. et à redescendre à 3800 m. Le tout prend au moins 9 heures de marche, à une altitude où l'organisme souffre davantage, surtout si vous avez à marcher dans la neige. Ce trek doit être abordé avec beaucoup de sérieux concernant le mal d'altitude.


Infos pratiques concernant ce trek

Budget

Ce paragraphe vous donne une idée du budget utile pour effectuer ce trek.
Taux de change à l'époque : 1 US$ = 56,8 Rp  ou  10 Rp = 1 FF

Avant le départ.
Taxe d'entrée dans le site des Annapurnas : 1000 RP /personne payé à Kathmandu, dans un bureau proche du bureau d'immigration.
Permis de trek : 5 US$ / personne / semaine

Transport.

Nourriture et logement.
Dans le parc de conservation de l'Annapurna, les prix sont fixés par l'état. Vous ne pouvez pas et ne devez pas marchander (sauf au début à BesiSahar le premier village). Plus l'altitude augmente et plus les prix montent.

En gros, pour un couple qui dort, boit quelques thés, qui mangeons un pancake, une omelette, des patates fries, un dal bhat, ca coûte environ de 400 à 800 Rp par jour (40 à 80 F par jour pour deux personnes). La moyenne pour deux personnes est de 600 Rp sans manger énormément et sans boire de bière ou d'eau minérale (120 Rp/0,75l) en montagne, le tarif peut donc gonfler pour certains.
 
Banques.
Changement des Travellers à la petite banque de Jomoson. Vous avez aussi une banque à Chame et Tatopani. A Chame, nous avons payé une chambre et la nourriture en billets US$. C'est plus facile quand il y a une banque dans le village..

Conditions météo

Nous avons eu un temps très étrange en ce mois de mars.

Altitude

Environ 35 personnes ont franchi le col en même temps que nous. Deux personnes ont dû redescendre pour cause de mal d'altitude. Nous, nous avions pris en prévention du Diamox. Est-ce que cela a été utile, nous ne le saurons jamais. Nous en avons même donné à un guide népalais qui se sentait mal la veille du col.
A Manang, il y a quelques jeunes docteurs occidentaux appartenant au HRA (Himalayan Rescue Association). La consultation personnalisée coûte 30 US$ mais ils font des réunions et répondent aux questions le tout gratuitement et bénévolement. Pour vous donner une très bonne idée des problèmes de santé qui vous pendent au nez (altitude, intestins, accidents...), consultez le rapport HRA de 1997 (anglais).
Pour en savoir plus sur le mal d'altitude qui peut être mortel, même chez les porteurs et guides népalais.


  Le Trek

Kathmandu à Besisahar : places de bus louées dans une agence jusqu'à Dumre puis autre bus jusqu'à Besi Sahar à payer sur place. Nous l'avons effectué dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Dans l'autre sens, le franchissement du col est beaucoup plus difficile et vous serez presque seuls à ce moment, d'où des problèmes de sécurité.

Jour 1. Besi Sahar - Bahundanda (1000 m.)
Cette première journée se déroule sous une chaleur et un soleil de plomb. Pendant un bon bout de temps, nous avons l'occasion d'admirer l'Annapurna II, loin, très loin devant . Le début est assez plat mais nous terminons en montée. Le soir, nous mangeons et dormons dans un Tibetan Lodge très sympathique. Douche à l'eau froide ! Bon, il est souvent possible de demander une bassine d'eau chaude au cas où. Départ 7h, arrivée 14h30.

Jour 2. Bahundanda - Chamje (1200 m.)

Le paysage est super tout le long du parcours. Assez plat, nous longeons toujours la même rivière. Nous sentons une influence tibétaine plus affirmée : visages, drapeaux à prières qui commencent à fleurir près des maisons. Nous dormons dans la Tibetan Guesthouse au début du village. Très bonne guesthouse, très sympa avec une chouette petite terrasse.

Jour 3. Chamje - Baghardap (2100 m.)

Départ à 6h30 encore aujourd'hui. Nous marchons un peu et décidons de prendre le petit déjeuner à Tal, village paumé dans une belle vallée. La journée est un peu plus difficile que les précédentes. Le soir, il fait assez froid. A midi, il se met à pleuvoir. Notre village d'arrivée est bien triste sous ce sombre ciel. La majeure partie a été détruite par une avalanche en novembre 1996, qui a fait de nombreux morts. Rien n'a changé depuis. La coulée de boue est encore présente. Tout est resté figé. Quelques maisons seulement sont restées debout, dont notre lodge. Cela rend assez difficile le logement en haute saison, il vaut mieux arriver assez tôt. Parfois entre deux nuages, on distingue quelques montagnes enneigées, mais rien de plus malheureusement.

Jour 4. Baghardap - Chame (2600 m.)

Nous débutons la marche à 7h du matin, alors que des nuages pointent déjà leur nez. La journée est vraiment agréable, sous des forets de pins, avec en toile fond l'Anapurna II et IV. Dommage que le ciel ne soit pas bleu ! A Chame, nous choisissons le lodge le plus loin de la ville, de l'autre côté de la rivière. Il est tout neuf, solide, confortable, avec une belle salle de repas, bref le luxe comparé aux autres. Nous avons bien fait de nous arrêter si tôt, car dès 14h, une lourde pluie s'abat sur le village. Après une petite accalmie, nous sortons visiter les alentours. Nous avons l'impression d'être retournés au moyen-age avec des maisons en grosses pierres, de vieux moulins à prières sur les murs. Compte tenu du temps, les rues sont désertes ce qui le rend encore plus mystérieux. Le soir, la salle à manger est assez bruyante car deux groupes s'y retrouvent. La journée, le monde n'est pas gênant car chacun a son propre rythme. Mais le soir, nous préfèrerions parfois plus de calme. Dans les villages, les faciès népalais ont disparu pour laisser place à des visages tibétains plus ronds et aux pommettes plus saillantes. La ville est entourée de sommets de plus de 6000 m. sur tous les côtés sud et ouest. Pourvu que le ciel se dégage demain !

Jour 5. Chame - Pisang (3000 m.)

Et non, ce matin, le ciel est toujours blanc. Dommage car le paysage est splendide à cet endroit, au milieu des pins. Ensuite, le chemin s'élève petit à petit le long d'une paroi rocheuse, alors que le plafond lui semble baisser toujours plus. La végétation devient moins dense. Au détour d'un virage, nous apercevons le haut de cette paroi rocheuse : une grande colline à l'herbe rase. Ce que nous craignions arrive mais pas tout à fait comme prévu. Ce n'est pas de la pluie qui nous tombe dessus, mais bel et bien de la neige. Le haut de la colline blanchit à vue d'oeil. Plus nous avançons et plus la neige se fait plus dense. Nous avons fini de monter et le chemin se poursuit maintenant dans une grande plaine herbeuse, parsemée de sapins. Le vent se met de la fête transformant vite cette simple chute en une petite tempête de neige. Les mains se refroidissent, les sacs se mouillent. Arrêt. Nous revêtons nos super ponchos et les gants chaud et secs. Les ponchos nous donnent des allures de tortues, mais au moins nous sommes bien protégés. Par contre notre allure s'est accélérée. Nous ne sommes pas encore très haut, mais il ne faut pas non plus trop s'exciter pour éviter le mal d'altitude. Une fine pellicule de neige recouvre le sol. La visibilité est très faible et nous ne sommes plus que 3 à marcher ensemble. Au loin nous apercevons difficilement 5 ou 6 silhouettes surmontées de sacs à dos semble-il. Nous savons que le groupe qui nous précédaient était accompagné d'un guide népalais. Nous ne sommes absolument pas sur le bon chemin, nous allions contourner un grand lac par la droite alors qu'ils passent à gauche. Nous changeons alors de direction en coupant tout droit à travers la plaine. Nous avons perdu de vue le groupe mais nous pensons être sur la bonne voie. Accélérant encore le pas, nous arrivons alors à l'entrée du village de Pisang. Tout est désert. Nous gagnons rapidement le premier lodge où quelques marcheurs s'ébrouent comme de pauvres chiens mouillés. Le patron du lodge nous propose une petite photo souvenir et nous prenons vite une chambre pour faire sécher nos ponchos. Les chambres sont très froides, les vitres embuées. En tentant de jeter un oeil dehors, nous distinguons sur la colline d'en face, de l'autre côté de la rivière, un petit groupe de marcheurs. Ils ont certainement pris le chemin à droite du lac et se retrouvent désormais du mauvais côté de la rivière.
Il est tôt, environ 13 h, et nous allons chercher de la chaleur dans la salle à manger, seul endroit à peu près chauffé, avec le traditionnel poîle sous la table. Déjà du monde à table, à prendre des citrons chauds, des thés ou encore de la bière. Nous resterons là tout l'après-midi, jusqu'au repas du soir, à discuter entre français, espagnols, israéliens, anglais, à nous demander si le col sera franchissable après de telles chutes de neige. Car dehors, il neige toujours autant. Environ 5 à 10 cm de neige au sol.

Jour 6. Pisang - Bryaga (3475 m.)

Le lendemain matin, le ciel reste noir et il neige toujours. Le village est sous la neige, les branches de sapins plient sous son poids. Après de longues hésitations, nous décidons de partir. Après quelques minutes de marche dans une belle poudreuse, la neige s'arrête enfin ! Nous montons un raide chemin en sous-bois, avec une vue magnifique sur la vallée immaculée de blanc. La température monte rapidement, nous obligeant à ôter pulls, bonnets et gants. Plus nous montons et plus le ciel devient lumineux et la température chaude. Bientôt un ciel bleu apparaît et un soleil brûlant nous frappe de plein fouet ! Quel soulagement alors que nous atteignons un petit col ! La vallée est magnifique. Les nuages restent encore attachés aux montagnes de chaque côté, mais parfois, on distingue furtivement un beau sommet. Superbe ! Alors que nous gelions depuis un jour, nous avons maintenant trop chaud. Nous marchons en simple t-shirt, double couche de crème solaire et gourde très sollicitée. La réverbération du soleil sur la neige est très violente, même avec des lunettes de montagne. Lorsque nous atteignons le village de Hongde, la neige a déjà partiellement fondu sur le sol, laissant découvrir une herbe jaunie par l'été. Le blanc des montagnes qui nous entourent jure avec le bleu profond du ciel. Que c'est beau. Nous sommes montés sur une petite terrasse de restaurant, où nous avons commandé des soupes de nouille. Après une marche qui nous sembla une éternité, nous atteignons une grosse battisse au toit plat, le lodge de Bryaga. Il nous reste encore une demi-heure de montée avant d'atteindre Manang à 4000 m. d'altitude. Ne pouvant plus avancer et de peur de monter trop haut, nous prenons une chambre dans ce lodge. Nous n'avons pas regretté ! Atmosphère sympa près d'un poîle central, bonne bouffe, terrasse extérieure abritée offrant une vue magique sur une chaîne aux sommets de plus de 7000 m. La chaîne semble débuter à nos pieds, à peine 600 m. devant nous et se termine plus de 3000 m. plus haut. Grandiose ! Entre la maison et ces montagnes, des champs où paissent quelques chevaux. Si vous prévoyez de rester un jour complet à Manang et si vous aimez le calme, dormez au moins la première nuit ici.

Jour 7. Bryaga - Manang (4000 m.)

Le lendemain matin, nous avions prévu une journée de repos à Manang, nous quittons donc notre lodge pour rejoindre Manang, un peu plus haut dans la vallée. Nous ne ferons pas grand chose de notre journée, si ce n'est se promener dans le gros et pittoresque village et ses alentours. Face au village, un gros glacier s'étend jusque dans un petit lac, au dessus duquel volent de grands aigles. Manang est le premier village de culture tibétaine, aux maisons à toits plats, aux femmes à tabliers colorés. Nous dégotons même la superbe poste pour y envoyer une des cartes postales. Pas mal de petites épiceries pour s'approvisionner avant l'assaut du col des prochains jours. Un gros nouvel hôtel trône fièrement dans le centre du village. Dommage qu'il gâche autant l'authenticité du village et que les serveurs se croient chez Fouquet's ! Dès la mi-journée, il fait très froid, il neige un peu et le vent ne nous encourage pas aux ballades. Nous nous demandons si nous n'allons pas faire appel à un porteur pour franchir le col, nous ne nous sentons pas d'attaque. Le prix est très cher, autant presque qu'un guide loué depuis le début du trek ! Bref, nous ne repartirons pas demain, nous nous offrons un jour de plus de repos. Pendant ce temps, nous revoyons un homme rencontré 2 jours plus tôt. Il est atteint du mal d'altitude, il doit redescendre et abandonner ainsi le trek.

Jour 8. Manang - Manang (4000 m.)

Plus cool ce 2ème jour. Le temps est meilleur et la forme aussi. Nous en profitons pour améliorer l'acclimatation en nous rendant dans le monastère troglodyte 400 m. au dessus du village. Pour plus de détail, lire l'anecdote concernant le monastère pas comme les autres ! La journée se passe donc bien, la montée au monastère ne fut pas pénible, bref, demain, nous partirons pour la suite, en ayant abandonné l'idée de prendre un porteur jusqu'au col.

Jour 9. Manang -> Ledtar (4200 m.)

Nous avons de la chance, le soleil brille. Après avoir monté de quelques mètres, nous nous retournons afin d'admirer cette vallée de Manang. Vraiment, ça valait le coup de venir jusqu'ici ! Le chemin monte assez raide, nous adoptons une marche lente mais régulière, en économisant au maximum notre énergie (petits pas, pas de précipitation, pause et hydratation régulière). Le chemin monte toujours et semble se rapprocher des hautes montagnes. La végétation a disparu, hormis des touffes d'herbes couchées par le vent. Petit repas à Yak, en terrasse et en t-shirt ! Finalement nous avons la pêche et c'est presque euphorique que nous arriverons au lodge de Ledtar à 4200 m., au milieu d'un paysage génial ! Ce fut une des plus belles journées, rendue plus excitante encore, à l'approche du fameux col. Il y a des lodges en bas du village et un plus au dessus, le plus vieux en fait. Ce dernier est très bien situé, avec un endroit parfait pour se doucher (demander une bassine d'eau chaude). Par contre, quel froid le soir dans la salle à manger ! La seule source de chaleur est le poîle de la cuisine. A rester longtemps immobiles, nous avons eu rapidement froid. Nous mangeons alors avec pulls, vestes, gants et bonnets !

Jour 10. Ledtar - Phedi (4420 m.)

Encore une journée de marche assez courte, 4 à 5h de marche avec les pauses. Ca sent l'altitude, tant au niveau de la respiration qu'au niveau des paysages secs et rocailleux. A Phedi se trouvent deux lodges, un en bas (le plus vieux) et un gros en haut, là où nous avons dormi. C'est bien sûr chêr comparé au reste et il fait un peu usine, avec de nombreuses chambres glaciales. Pour parfaire l'acclimatation, nous décidons de monter de 200 ou 300 m. d'altitude, sur le chemin du col. Nous nous sentons en pleine forme et nous montons finalement plus haut que prévu. Là aussi nous avons eu très très froid le soir. Inutile de dire que nous avons évité la douche ! Cette fois-ci, nous avons mangé assis dans nos duvets remontés le plus haut possible. Après le souper, grosse crainte ! Il se met en effet à neiger, compromettant la montée au col, sujet hantant tous les esprits depuis environ 5 jours déjà. Inquiets, nous nous sommes vite couchés. A cette altitude, seuls les duvets permettent de ne pas souffrir du froid et d'obtenir un repos réparateur.
Certains prévoient de partir le lendemain au lever du soleil, à 6h. Les guides népalais accompagnant des touristes préfèrent eux partir à 3 ou 4 h, en pleine nuit ! Le but est d'éviter les forts vents qui se lèvent dans la matinée. En revanche, ils vont louper les paysages du début, vraiment dommage !

Jour 11. Phedi - Thorong La (col de 5416 m.) - Muktinath (3800 m.)

Lever 5 h 30 du matin. Au programme, la plus dure journée du trek : 1000 m. de dénivelé ascendant puis 1600 m. de dénivelé descendant, le tout en haute altitude. Environ 5 à 6 h de montée et 3 à 4 h de descente, soit une journée de 9 à 10 h.
Nous nous habillons au maximum : sous-vêtement thermique épais (haut et collant), couche fine manches longues, petit pull en laine, fourrure polaire, veste goretex (non doublée), pantalon de marche, pantalon coupe-vent, écharpe, bonnet, gants, guêtres. Les chaussures sont très froides et nos pieds commencent à en souffrir dès les premières minutes.
Le sol est enneigé mais la couche de neige est très faible. Les guides sont bien partis cette nuit, donc nous pouvons nous lancer à notre tour. Gros avantage de leur départ précoce, nous pourrons suivre leurs traces dans la neige.
Ca y est, sous une faible lueur, nous débutons la montée. Nous sommes environ une quinzaine de marcheurs individuels (non accompagnés de guide) à se mettre en route. La montée est raide et le chemin serpente en courts lacets. Nous savons que la pente la plus forte est au début. Doucement, nous progressons. Seuls les bruits de notre respiration et de nos chaussures se font entendre. Le ciel s'éclaircit peu à peu. Les pauses photo sont à la fois excitantes et reposantes. Chaque pas nous rapproche du col. La neige fraîche figée par le froid accroche bien et ne nécessite pas le port de crampons. Heureusement, car personne n'est équipé de la sorte. Nous sommes bien, c'est beau, c'est bon. Quel plaisir ! Cela fait des jours que ce col nous hante, et c'est aujourd'hui le grand jour. Si nous arrivons à passer, plus rien ne pourra nous arrêter pour faire le tour complet. Et ce matin, nous sentons que le col est à notre portée.
C'est notre première expérience en haute-montagne enneigée.
Le raide couloir est enfin terminé. La vue est superbe, les couleurs et la température se réchauffent. En marchant, les pieds se sont réchauffés. La neige est maintenant plus épaisse, 10 à 20 cm mais environ 40 cm à certains endroits. Ceux qui marchent en chaussures de marche nylon-toile (style cordura) tapent des pieds. Même avec un insert-Goretex, l'humidité et le froid se font sentir. Le cuir épais est par contre suffisant. Personne ne marche en coques et crampons. Un passage aérien dans la fraîche rend fébriles certains marcheurs, mais tout le monde passe. Plus haut, un fort vent de face se met à ralentir notre progression. L'altitude est bien présente, nous marchons très lentement, en pointant la pointe des pieds dans la neige à chaque pas. C'est physiquement assez dur, mais comme le moral est en grande forme, ça passe ! Les superlatifs sont impuissants pour décrire les vues que nous offrent cette montagne. Le plus adapté et le plus simple serait plutôt du style "hyper hypra mega super top cool hallu extra fun !". Parfois, le terrible vent soulève la neige, nous obligeant à nous retourner pour éviter de la prendre en plein visage. Cool ! La fin de la montée est moins pentue et lentement nous parvenons au col, malgré ce vent qui semble nous en interdire l'accès. Même vous amis Bretons seriez surpris par la force et le froid de ce vent ! L'air semble transpercer tous nos vêtements. En haut du col, quelques népalais proposent du thé dans une toute petite cabane en pierre. Une fois le thé et une barre énergétique avalés, nous devons redescendre car nos mains commencent à souffrir du froid.
De l'autre côté du col, les paysages lointains deviennent bien différents, très désertiques. Le temps est magnifique. Nous marchons encore dans la neige puis petit à petit, à l'approche de Muktinath, elle disparaît. Nous sommes vraiment heureux. C'est en t-shirt que nous arrivons à Muktinath, adorable village tibétain. Super lodge, supers paysages, super bouffe, super douche, super tout quoi !

suite des jours 11 à 18 sur le site nommé ci-dessous.

Plus d'infos :

L'entièreté de ce trekking est visible sur le site http://www.namast.com/

Le Sanctuaire des Annapurnas
(un autre trek)

Sanctuaire des Annapurnas

Situé à 4000 mètres, le Sanctuaire est au pied d'une dizaine de sommets parmi les plus importants du Népal: Annapurnas, Machhapuchhare, Gangapurna... Ce trekking est particulièrement riche et surprenant de beauté.

Pendant la marche d'approche qui vous emmènera jusqu'au camp de base, vous traverserez des vallées verdoyantes et des forêts subtropicales. À votre arrivée au Sanctuaire, le tableau qui s'offrira à vos yeux est certainement l'un des plus majestueux que l'on puisse espérer voir. Où que vous regardiez, ce ne sont que des sommets parmi les plus célèbres de tout l'Himalaya que vous aurez à portée de mains. Et vous serez au pied du premier 8000 jamais conquis par l'homme. C'était en 1950, le 3 juin, lorsque Maurice Herzog et Louis Lachenal contemplèrent le monde du haut de l'Annapurna.

Tout au long de votre randonnée, vous traverserez de nombreux villages caractéristiques de ces régions de l'Himalaya: hameaux tamang, maisons ovales gurung, ou gros bourgs comme Ghandrung dont les solides bâtisses sont entourées de murets de pierres protégeant rizières et champs de blé. Ce sera l'occasion de côtoyer ces différentes communautés népalaises qui ont si bien su s'adapter, chacune à leur faÍon, aux différentes régions que vous traverserez.

Vous aurez également loisir de visiter Kathmandu et quelques lieux de sa vallée, ainsi que Pokhara, au bord du lac Phewa Tal, dans les eaux duquel se reflètent les sommets que vous venez d'approcher.


Népal 1998, dernière mise à jour : 21 août 2007.
Contact avec Liliane HIERRO.
lilhierro@hotmail.com